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« Le Prix du succès » : l’histoire vraie derrière le film avec Tahar Rahim

par Geekette
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Le Prix du succès film

Il y a des films qui parlent de réussite et d’autres qui osent dire ce que cette réussite abîme au passage. Le Prix du succès appartient à la catégorie deux bien entendu. Sorti au cinéma le 30 août 2017, ce long métrage revient ce mardi 27 janvier 2026 à la télévision, avec une rediffusion sur France 4 à 21 h. Presque dix ans après, son sujet n’a rien perdu de sa force, surtout dans une époque où l’on confond souvent visibilité et liberté.

Réalisé par Teddy Lussi Modeste, le film réunit un trio d’acteurs impressionnant : Tahar Rahim, Roschdy Zem et Maïwenn.

L’histoire du film, sans spoiler

Brahim a trimé pendant des années. Et enfin, ça y est : il remplit des salles, son nom circule, sa carrière décolle. C’est le rêve.

Sauf que la réussite a un bruit de fond : les attentes. Celles de la famille, celles du quartier, celles de ceux qui n’ont pas bougé et qui regardent celui qui s’en sort comme un distributeur automatique de solutions.

Brahim reste un fils présent, un frère généreux, un compagnon amoureux. Il aide, il donne, il encaisse. Mais son grand frère Mourad, à la fois manager et figure dominante, commence à trop s’imposer. Jalousie, contrôle, chantage affectif, débordements. Au moment où Brahim devrait se concentrer sur son avenir, il se retrouve à devoir choisir : continuer à payer le prix fort ou s’émanciper pour exister vraiment.

L’histoire vraie derrière « Le Prix du succès »

Ce qui rend le film aussi juste, c’est qu’il ne vient pas d’un concept marketing. Il naît d’un vécu.

Teddy Lussi Modeste a expliqué s’être inspiré de son propre parcours. Il vient d’un milieu modeste, lié à la communauté des gens du voyage et lorsqu’il a intégré la Fémis, sa famille s’est mise à fantasmer une réussite forcément synonyme d’argent qui tombe du ciel. Cadeaux de luxe, confort immédiat, vie transformée. Lui, au contraire, savait que le cinéma ne promet pas une fortune automatique, encore moins au début.

Le Prix du succès film
Le Prix du succès film

Le déclic, c’est une conversation autour du film lui même. En évoquant ce projet, le réalisateur a raconté que son frère lui a réclamé de l’argent, estimant être visé et tourné en ridicule. Ce qui commence sur le ton de la blague finit par se tendre, jusqu’à une menace de représailles sur un tournage.

Le film ne cherche pas à désigner des monstres. Il affiche une mécanique. Celle qui transforme l’amour en dette permanente et la réussite en faute à réparer.

Un film sur l’envers du décor

La bonne surprise, c’est que Le Prix du succès n’est pas un film sur le milieu du stand up. Le stand up est un terrain, pas une finalité. Il sert à montrer quelque chose de très précis : quand ton métier repose sur les mots et l’observation, tu peux finir par raconter ta propre cage en souriant.

Le scénario a été coécrit avec Rebecca Zlotowski et ça se sent dans la manière de resserrer l(histoire : peu d’effets, ça monte doucement par petites touches et des scènes de famille réalistes

Tahar Rahim, plus lumineux

On a parfois associé Tahar Rahim à des rôles forts, intériorisés, très contenus. Ici, il va chercher autre chose : un personnage plus visible, plus en façade, mais aussi plus fragile. Brahim sourit, plaisante, avance, tout en encaissant des coups invisibles.

Pour rendre crédible le stand up, l’acteur ne s’est pas contenté d’apprendre un texte. Il s’est immergé dans le milieu, en observant une troupe de comiques au travail lors d’un festival d’humour à Montréal. Il a aussi construit la structure d’un sketch avec un professionnel du milieu, puis peaufiné les vannes avec une humoriste, pour que ça sonne juste dans sa bouche, sans impression de numéro plaqué.

A « Re »voir ?!

Parce que le film met le doigt sur un sujet rarement traité de façon aussi frontale : la réussite comme facteur de conflit intime.

On parle souvent des obstacles extérieurs. Ici, l’obstacle est intérieur. Il porte le même nom de famille. Et c’est ça qui fait mal.

Si tu aimes les drames autour de l’humain, les films français qui parlent de classes sociales sans faire la leçon et les récits où la réussite a un revers très concret, cette rediffusion est une excellente pioche pour la soirée.

Diffusion : mardi 27 janvier 2026 à 21 h sur France 4. ou en rediffusion sur France.tv

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