Ce Jeudi 26 février 2026, sur la scène de la 51e cérémonie, Théodore Pellerin a décroché le César du meilleur espoir masculin pour « Nino ». Un prix estampillé “révélation”, certes, mais qui récompense surtout un acteur déjà aguerri, capable d’émouvoir sans appuyer, de raconter beaucoup en parlant peu.
Le choc « Nino » !!
Dans « Nino », premier long métrage écrit et réalisé par Pauline Loquès, Pellerin incarne un jeune homme qui apprend un vendredi, le jour de son anniversaire, qu’il est atteint d’un cancer de la gorge. Lundi, la chimio l’attend. Entre les deux, le film épouse un temps très particulier, celui où la vie continue alors que tout vient de basculer.
Nino traverse Paris, enchaîne les rendez vous médicaux, les démarches absurdes parce qu’elles sont trop concrètes quand on vient d’entendre le mot “cancer”, et tente, surtout, de trouver comment l’annoncer à ceux qu’il aime. Le film joue la carte de l’intime. Rien de démonstratif. Tout passe par les silences, les regards, les micro fissures dans le visage.
Et c’est précisément là que Théodore Pellerin est brillant. Son interprétation est d’une retenue désarmante. Il ne “fait” pas la douleur, il la laisse affleurer. On le suit comme aimanté, parce qu’il donne l’impression de vivre la scène plutôt que de la jouer.
Un “espoir” qui a déjà de la bouteille
Le mot est trompeur. À 28 ans, Théodore Pellerin n’arrive pas de nulle part. Il tourne depuis l’adolescence et enchaîne les projets depuis plus de dix ans. Sa carrière s’est construite à un rythme régulier, film après film, loin des buzz éphémères.
Le parcours canadien
Avant de s’imposer en France, Pellerin s’est solidement installé au Québec. Il collabore notamment avec la réalisatrice Sophie Dupuis sur plusieurs films marquants, dont « Chien de garde », « Souterrain » et « Solo ». Dans ce trio, il récolte des récompenses majeures au Canada, avec plusieurs prix Iris à la clé, preuve qu’il n’a pas attendu Paris pour être repéré.
Les séries et Hollywood
Ce qui rend Pellerin particulièrement intéressant, c’est sa façon de naviguer entre les territoires. Il a déjà mis un pied solide du côté des séries américaines et des productions internationales. On a pu le voir dans « On Becoming a God in Central Florida » avec Kirsten Dunst, et dans « Franklin » aux côtés de Michael Douglas. Au cinéma, il apparaît aussi dans « Beau Is Afraid » d’Ari Aster, dans un registre très différent.
Et pour nous, public francophone, impossible de ne pas l’avoir repéré dans « Becoming Karl », série disponible sur Disney+, où il prête ses traits à Jacques de Bascher, personnage fascinant, lié à Karl Lagerfeld et Yves Saint Laurent. Un rôle à contre emploi, plus face à face, qui a montré une autre facette de son jeu.
Un symbole pour le Québec aux César
Ce trophée a aussi une petite saveur d’histoire : Théodore Pellerin devient le troisième acteur québécois à remporter le César du meilleur espoir masculin, après Marc André Grondin et Niels Schneider. Une lignée discrète, mais parlante, qui rappelle à quel point les passerelles entre cinéma français et talents québécois restent très vivantes.

