Il y a des victoires qui ressemblent à des défaites. À la fin de Dune : Deuxième partie, Paul Atréides obtient tout ce qu’il convoitait en apparence. Il terrasse ses ennemis, s’empare du trône impérial et impose sa domination sur l’univers connu. Pourtant, personne n’est vraiment sorti de la salle avec l’impression d’avoir assisté à un triomphe, au contraire . Le regard de Chani, le silence qui accompagne l’ascension de Paul, la violence prête à déferler à l’échelle galactique… tout disait déjà qu’un troisième film ne pouvait pas ressembler à un simple bouquet final.
Dans Dune : Part Three ou simplement Dune 3. Denis Villeneuve ne s’apprête pas à boucler sa trilogie avec un épisode de plus. Il semble vouloir changer de terrain de jeu, déplacer le centre de gravité de la franchise et transformer cette grande fresque de science-fiction en quelque chose de plus intime et beaucoup plus inquiétant.
Paul Atréides :
C’est sans doute la meilleure idée possible pour prolonger la trajectoire de Paul Atréides. Son histoire n’a jamais été celle d’un héros classique. Depuis le début, Frank Herbert déconstruisait déjà la figure du sauveur providentiel. Villeneuve semble prendre ce principe à bras-le-corps. Cette fois, Paul n’est plus le jeune héritier chassé, ni le messie attendu dans le désert. Il est devenu empereur. Il voit l’avenir. Il est craint, vénéré… Et c’est justement là que commence le vrai danger !!
Un saut dans le temps
Le film opérera en plus un saut temporel important. L’histoire se déroulera dix-sept ans après les événements de Dune : Deuxième partie. Et ça change tout. Il permet d’installer un Paul usé par le pouvoir, prisonnier de sa propre légende et rattrapé par les conséquences de ce qu’il a déclenché. Ce n’est plus le récit de l’ascension. C’est le récit du prix à payer.
Paul et Chani : le cœur du film
Au cœur de cette évolution, il y a bien sûr Chani. C’est probablement le point le plus important de ce troisième film. Dune : Deuxième partie s’achevait sur une rupture émotionnelle profonde entre elle et Paul. Là où lui acceptait de devenir ce qu’il redoutait, elle refusait le compromis moral et politique.
Visuellement aussi, le film c’est une vraie rupture. Villeneuve a choisi de changer de directeur de la photographie. Après Greig Fraser, artisan de l’identité visuelle des deux premiers volets, c’est Linus Sandgren qui prend le relais. Il est là pour proposer un autre regard sur Arrakis et sur l’univers de Dune. Le désert sera toujours là, évidemment, mais il ne sera plus filmé comme avant. Le climat de la planète a changé, de nouveaux lieux seront explorés et le récit nous emmènera également vers d’autres mondes.
Une grande partie du film a été tournée en 70 mm, avec un recours important à l’IMAX. C’est intéressant, parceque ce choix technique ne sert pas seulement à faire plus grand. Il peut aussi donner au film une matérialité plus brute, plus immédiate, plus forte.

Une bande-son qui va évoluer avec le film
Et puis il y a la musique. Hans Zimmer rempile, mais là encore avec l’idée de ne pas refaire ce qu’il a déjà accompli. C’est essentiel. La bande-son des deux premiers films a largement contribué à définir l’identité de la saga au cinéma. Pour que Dune 3 trouve sa propre couleur, il fallait que la partition se transforme elle aussi.
Sortie prévue en France le 16 décembre 2026. Et une chose est sûre : cette fois, Arrakis ne sera plus seulement une promesse de spectacle. Ce sera le théâtre d’une chute annoncée.
