Sorti en France le 16 septembre 2026, Resident Evil revient avec Zach Cregger, le réalisateur d’Évanouis. Les premières critiques saluent un film de monstres généreux, porté par un héros dépassé. Mais côté frissons, les avis sont moins unanimes. L’humour prend-il trop de place ?
Un héros qui aimerait être ailleurs
Bryan, joué par Austin Abrams, est coursier médical. Il a une livraison à effectuer et se retrouve embarqué dans une nuit où survivre devient nettement plus compliqué que terminer sa tournée.
Cregger fait donc le choix d’une histoire originale. Dans son entretien avec le PlayStation Blog, il expliquait vouloir explorer l’univers de Resident Evil 2 à travers un autre personnage, plutôt que raconter à nouveau l’histoire de Leon.
Franchement, cette idée me plaît. Un type ordinaire qui ne sait pas se battre a de quoi nous inquiéter. Pas besoin de connaître toute l’histoire d’Umbrella pour comprendre qu’il n’est absolument pas équipé pour ce qui l’attend.
L’enjeu, ensuite, c’est de nous faire partager sa peur.
Retrouver les sensations des jeux
Cregger a beaucoup insisté sur les munitions limitées, les blessures et la découverte progressive de nouveaux lieux. Autrement dit, ces petites décisions qui deviennent énormes quand une créature bloque le passage.
D’après les critiques, cette logique se retrouve bien à l’écran. Le Journal du Geek souligne notamment la construction des lieux comme des niveaux, les obstacles à résoudre et les passages en vue subjective. Le film cherche à retrouver nos réflexes de joueur, jusque dans les difficultés à manipuler une arme.
Austin Abrams semble être l’un de ses meilleurs atouts. Même Time Out, pourtant plus réservé sur l’ensemble, apprécie ce personnage maladroit et attachant qui essaie de comprendre ce qui lui tombe dessus.
Ça compte. Pour s’inquiéter du sort de quelqu’un, encore faut-il avoir envie qu’il s’en sorte.
Du gore, mais aussi beaucoup de gags
C’est ici que les critiques se séparent vraiment.
The Irish Times apprécie le mélange de créatures répugnantes, d’action et d’humour, avec un esprit proche d’Evil Dead 2. Le journal y voit même le meilleur film Resident Evil à ce jour. Un enthousiasme qui donne envie, même si cette comparaison ne suffit pas à garantir un grand film d’horreur.
Time Out est moins convaincu par sa capacité à faire peur. Le média reconnaît les qualités visuelles et le plaisir du spectacle, mais trouve le résultat davantage loufoque qu’effrayant.
Le Journal du Geek formule une réserve voisine : les ruptures comiques finissent parfois par désamorcer la tension. Il salue le travail d’adaptation tout en regrettant que le film ait autant de mal à prendre son cauchemar au sérieux.
Je comprends très bien ce point de friction. Rire avec un personnage paniqué peut nous rapprocher de lui. Si chaque montée d’angoisse débouche sur une plaisanterie, par contre, on finit par attendre le gag.
Alors, faut-il aller le voir ?
À lire ces premiers retours, ce Resident Evil mérite surtout l’attention de ceux qui aiment les monstres grotesques, les héros malchanceux et l’horreur qui s’autorise à être drôle.
Pour ma part, le choix de suivre Bryan me donne davantage envie que la promesse de retrouver un personnage connu. Mais les réserves sur la tension invitent à ajuster ses attentes.
Si vous cherchez une sortie horrifique mouvementée à partager entre amis, les signaux sont plutôt bons. Si vous venez pour retrouver l’angoisse de traverser un couloir avec deux balles en poche, c’est précisément sur ce terrain que les critiques divergent.
