Il y a des nouvelles qui ressemblent à un synopsis refusé par Netflix faute de crédibilité. Et puis, parfois, la réalité rattrape la fiction. Début janvier 2026, l’annonce était inédite : Nicolás Maduro, chef de l’État vénézuélien, a été capturé à Caracas par des forces américaines, puis transféré aux États Unis, où il a comparu devant la justice fédérale. Dans la foulée, son épouse Cilia Flores a elle aussi été présentée aux autorités américaines. Les deux ont plaidé non coupable lors de leurs premières audiences, tandis que Washington justifiait l’opération comme une action de coercition ciblée.
Dans les heures qui ont suivi, les réactions internationales ont été à la hauteur de l’événement : condamnations à l’ONU, dénonciations d’une violation de souveraineté, inquiétudes sur la stabilité régionale. Du côté de Caracas, le pouvoir s’est réorganisé autour d’une direction intérimaire, sur fond de crispation et de chaos politique. En Europe, et notamment en France, la méthode a été publiquement désapprouvée, même si l’on sait qu’entre les mots et les coulisses, la diplomatie a parfois plusieurs vitesses.
Jusque là, nous sommes dans le factuel. Maintenant, place au satirique, imaginons une seconde que, grisé par ce coup de force, Donald Trump se réveille un matin avec une idée folle : tenter la même chose… à Paris, contre le président français.
Une question simple
Peut on capturer un chef d’État sur son lieu de résidence, dans un pays doté d’institutions solides et d’une architecture sécuritaire sophistiquée ?
Dans l’absolu, rien n’est “impossible” au sens hollywoodien. Mais dans le réel, les opérations réussissent rarement parce qu’elles sont “audacieuses”. Elles réussissent parce qu’elles combinent renseignement, surprise, supériorité, accès et sortie. Et sur ces cinq points, le cas français ressemble moins à Caracas qu’à un coffre fort dont la combinaison change sans cesse.
Le premier mur : l’information, pas les armes
Une opération de capture commence toujours par la donnée la plus banale et la plus difficile à obtenir : savoir précisément où se trouve la cible, à la minute près et dans quel environnement. Pour un président français, cela signifie anticiper des déplacements souvent modulables, une routine volontairement peu prédictible et un niveau de compartimentage qui réduit fortement les fuites exploitables.
Autrement dit, avant même de parler d’hélicoptères et d’hommes en noir, il faut parler d’un problème très prosaïque : la certitude. Sans certitude, le risque d’échec explose.

Le deuxième mur : l’épaisseur de la protection
Le président de la République n’est pas “gardé” comme une personnalité publique. Il évolue dans un système de protection multicouche : garde rapprochée, périmètres contrôlés, filtrage des accès, sécurisation des lieux, dispositifs de réaction, coordination police gendarmerie services spécialisés. Et surtout, une logique française très peu cinématographique : la redondance. S’il y a une faille, il y a souvent un second verrou.
Le Palais de l’Élysée, les résidences officielles, les déplacements, tout repose sur une obsession : limiter l’inattendu. Une opération éclair qui suppose d’approcher, neutraliser, extraire et disparaître devrait franchir plusieurs cercles successifs, sans déclencher d’alerte, tout en restant silencieuse. C’est précisément le genre de pari qui se perd sur un détail : une porte, une caméra, une procédure, un délai.
Bon, ce n’est pas toujours parfait et le vol du Louvres est la preuve que tout système de sécurité n’est pas infaillible !!
Le troisième mur : le terrain français
Au Venezuela, le succès opérationnel rentre dans un contexte de rapport de force frontal, avec des moyens militaires lourds et une domination assumée. Transposez le principe sur le sol français et le décor change complètement.
La France n’est pas une zone grise. C’est un espace surveillé, avec une chaîne de commandement, des forces entraînées à réagir vite et une capacité à verrouiller un secteur en quelques minutes. Même en ignorant la diplomatie, il reste un fait mécanique : le temps de réaction. Plus le lieu est protégé, plus la marge de manœuvre se réduit.
Le quatrième mur : l’exfiltration
Dans tous les récits d’enlèvement, le moment clé n’est pas l’entrée. C’est la sortie.
Capturer une cible n’a d’intérêt que si l’on peut l’emporter. Et emporter, cela signifie franchir des contrôles, éviter les interceptions, gérer les imprévus et tenir assez longtemps pour quitter un espace où l’adversaire maîtrise routes, communications et coordination.
Dans un pays comme la France, l’exfiltration ne ressemble pas à une course poursuite. Elle ressemble à un étau. Plus vous avancez, plus il se resserre.
Alors, faisable ou pas ?
Si l’on parle froidement, sans drapeau ni morale, un scénario de type “capture du président français à sa résidence” a une probabilité de succès extrêmement faible. Non pas parce que la France serait invulnérable, mais parce que le cumul des obstacles techniques, informationnels et logistiques rend l’opération proche de l’impossible pratique.
Le coup de force au Venezuela, tel qu’il est rapporté par plusieurs médias internationaux, est justement exceptionnel parce qu’il repose sur un contexte très particulier : préparation, supériorité, et environnement de crise. En France, le même geste se heurterait à un système de protection conçu pour empêcher précisément ce type de surprise.
Une idée pour un Prochain Call of
À la frontière entre géopolitique réelle et fiction militaire, difficile de ne pas voir dans cet épisode vénézuélien une matière première idéale pour le jeu vidéo. Treyarch, habitué à ce type de scénarios et aux zones grises du monde contemporain, pourrait largement s’inspirer de cette opération hors norme pour un prochain Call of Duty Black Ops 8 .
