Cortina d’Ampezzo, Italie. D’ordinaire, le curling aime les silences et les sourires nerveux. Aux Jeux d’hiver 2026, il a offert tout l’inverse : soupçons de triche, échanges à chaud sur la glace, pierres retirées en plein match et une fédération internationale contrainte de retoucher ses procédures en urgence. Au cœur de la tempête, une faute rare; le double contact, ou le fait de toucher la pierre après l’avoir relâchée.
Une règle simple pourtant
La règle est connue des initiés. Au moment de la livraison, le joueur doit lâcher la pierre avant la hog line, la ligne qui sert de repère. Une fois cette ligne franchie, tout contact supplémentaire est interdit. S’il est établi qu’un joueur a touché la pierre au-delà de cette limite, la sanction est immédiate : la pierre est retirée du jeu.
Canada, Grande-Bretagne : des pierres retirées
La controverse a franchi un cap lorsque des arbitres ont retiré des pierres lors de rencontres du tournoi olympique.
Côté canadien, l’affaire a pris une dimension nationale avec l’équipe féminine. Lors d’un match contre la Suisse, la capitaine Rachel Homan a vu une de ses pierres retirée après une décision d’arbitrage portant sur un contact jugé illégal. Sur le moment, incompréhension totale : comment contester, comment vérifier, comment prouver ? L’action est jugée, la décision est définitive.
Le lendemain, la Grande-Bretagne a à son tour été rattrapée par la même règle. Lors d’un match contre l’Allemagne, une pierre de Bobby Lammie a été retirée pour un motif identique.
L’étincelle : Le Canada Suède
Derrière ces décisions, il y a un match qui a fait déborder la marmite : Canada Suède chez les hommes, disputé le Vendredi 13. La Suède a accusé le Canadien Marc Kennedy d’avoir commis un double contact. L’échange verbale qui a suivi a été tellement chaud qu’il pourrait faire bannir une vidéo YouTube.
Ce match a aussi montré une subtilité technique qui complique tout : les poignées des pierres sont équipées d’un dispositif électronique, mais ce capteur concerne la poignée, pas forcément la pierre elle-même. Or, l’accusation suédoise portait sur un contact supposé avec le granit. Ce qui ne se détecte pas automatiquement.
Dans les heures qui ont suivi, World Curling a expliqué avoir observé la zone concernée et n’avoir relevé aucune violation sur la période de surveillance mise en place après la plainte.

World Curling recule et change ses protocoles
Face à l’enchaînement des incidents, World Curling a d’abord serré la vis : davantage de surveillance autour de la hog line, des officiels plus présents pour observer les livraisons. Mais la méthode a été contestée, y compris par des figures du curling canadien, qui ont dénoncé une façon de modifier le cadre en pleine compétition et de mettre une pression supplémentaire sur les joueurs.
Puis est venu le rétropédalage. Après discussion avec des représentants des comités olympiques, la fédération a annoncé un ajustement : les arbitres ne surveilleront les livraisons de façon ciblée que si une équipe en fait la demande. En dehors de ces requêtes, ils restent disponibles mais n’interviennent plus systématiquement sur ce point précis.
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La VAR, la solution ?
Et pourquoi ne pas utiliser la vidéo pour trancher ? Dans beaucoup de disciplines, l’assistance vidéo ou la VAR est devenue un réflexe. En curling, c’est plus délicat. D’un côté, certains athlètes estiment qu’un recours encadré protégerait les joueurs et limiterait les polémiques. De l’autre, plusieurs voix redoutent un sport haché, ralenti, où chaque lancer litigieux deviendrait un mini procès.
