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Les hackers ne demandent plus seulement de l’aide à Claude : ils commencent à lui déléguer une partie du travail

par KingofgeeK
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Claude cyberattaques

Les cybercriminels utilisent l’intelligence artificielle depuis longtemps pour écrire des emails de phishing ou obtenir de l’aide pour programmer certains outils.

Le nouveau rapport publié par Anthropic montre pourtant une évolution plus intéressante et beaucoup plus inquiétante : certains acteurs commencent à intégrer Claude directement dans leurs chaînes de cyberattaque.

L’IA ne donne plus seulement quelques conseils. Elle peut participer à la fabrication des outils utilisés pendant l’opération.

Anthropic publie son nouveau rapport sur les menaces

Anthropic analyse régulièrement la manière dont ses modèles Claude sont détournés.

Son nouveau rapport couvre des opérations détectées et bloquées entre décembre 2025 et août 2026.

On y trouve de la cybercriminalité, des opérations de surveillance, des escroqueries, de la désinformation et même des tentatives liées au développement d’armes.

Il faut préciser un point important : Anthropic parle d’activités qu’elle dit avoir identifiées et interrompues sur ses propres services.

Cela ne permet évidemment pas de mesurer l’ensemble des cyberattaques utilisant aujourd’hui l’intelligence artificielle.

Mais les exemples montrent assez bien comment les usages évoluent.

Claude utilisé pour développer de vrais outils malveillants

Anthropic décrit notamment un acteur lié à l’Iran ayant utilisé Claude pour développer plusieurs outils.

L’IA aurait servi à créer des pages de phishing imitant des services légitimes, de faux écrans de connexion Microsoft et antivirus, ainsi que plusieurs composants destinés à récupérer des identifiants.

Le groupe a également utilisé Claude pour modifier un outil capable d’extraire des identifiants Windows et rendre certains logiciels malveillants plus difficiles à analyser.

Et là, un détail est particulièrement intéressant.

Anthropic explique que Claude refusait neuf demandes directement malveillantes sur dix.

Mais les protections devenaient moins efficaces lorsque l’utilisateur découpait son projet en petites demandes qui, prises séparément, semblaient beaucoup plus innocentes.

C’est une vieille technique appliquée à un nouvel outil.

L’IA peut construire les différentes pièces séparément

Imaginez que vous demandiez directement à une IA :

« Fabrique-moi un malware permettant de voler les comptes Microsoft 365. »

Le modèle devrait normalement refuser.

Mais si vous découpez le projet en dizaines de petites tâches techniques, la situation devient beaucoup plus compliquée.

Une demande peut concerner une interface Web.

Une autre la gestion d’un fichier.

Une autre encore l’utilisation d’une API.

Chaque morceau peut sembler parfaitement légitime lorsqu’il est regardé séparément.

Ce n’est qu’une fois toutes les pièces assemblées que l’objectif malveillant devient évident.

Anthropic explique justement renforcer ses protections contre ce type d’utilisation fragmentée.

Des opérations de surveillance ont aussi utilisé Claude

Le rapport ne concerne pas uniquement les hackers classiques.

Anthropic dit avoir supprimé 16 comptes Claude liés à deux unités associées à des organismes paramilitaires et de sécurité iraniens.

L’un des groupes aurait utilisé Claude pour développer une plateforme destinée à gérer et analyser des données de surveillance.

Une autre unité aurait utilisé l’IA pour créer une extension Firefox malveillante capable de récupérer massivement des identités sur plusieurs réseaux sociaux.

Claude aurait également servi à analyser plus de 155 000 publications sur X dans le cadre d’opérations de surveillance.

On commence donc à dépasser largement le simple « écris-moi un email convaincant ».

Claude n’effectuait pas forcément l’attaque lui-même

Attention toutefois à ne pas transformer le rapport en scénario catastrophe.

Dans plusieurs cas détaillés par Anthropic, Claude a surtout servi à concevoir, programmer et tester les outils.

L’entreprise précise par exemple que dans une campagne visant Microsoft 365, Claude a aidé à développer l’outillage plutôt qu’à conduire directement les opérations en temps réel.

La nuance est importante.

L’IA accélère le travail du cybercriminel et peut automatiser une partie du développement, mais cela ne signifie pas qu’un Claude autonome lance seul toutes les étapes de l’attaque.

Pas encore, en tout cas, dans les exemples décrits ici.

Le problème est surtout la vitesse

Un attaquant expérimenté pouvait déjà développer tous ces outils avant Claude.

L’intelligence artificielle n’a pas inventé le phishing, les malwares ou le vol d’identifiants.

Ce qu’elle change, c’est la vitesse et le niveau technique nécessaire.

Un petit groupe peut produire beaucoup plus rapidement du code, analyser des données, corriger ses outils et automatiser des tâches qui demandaient auparavant plusieurs spécialistes.

Et forcément, les défenseurs utilisent exactement les mêmes technologies pour détecter les attaques.

La cybersécurité entre donc dans une période assez étrange où les deux camps disposent du même nouvel assistant.

La question n’est plus vraiment de savoir si les cybercriminels vont utiliser l’IA.

Ils le font déjà.

La vraie question est de savoir jusqu’où ils réussiront à automatiser leurs opérations avant que les systèmes de défense apprennent à faire la même chose.


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