L’avion spatial Vortex pourrait un jour embarquer des astronautes. OHB, partenaire allemand de Dassault Aviation, confirme que le vol habité fait bien partie du projet. Mais plusieurs étapes séparent encore cette ambition des premières missions avec un équipage.
Présenté au Salon du Bourget en juin 2025, Vortex ne se limite pas au transport de marchandises. Dans une déclaration rendue publique le 15 septembre 2026, Markus Moeller, membre du directoire d’OHB, a confirmé que l’appareil était aussi pensé pour le vol habité.
De quoi relancer l’intérêt pour cet avion spatial européen. À condition de bien distinguer les différentes versions prévues.
Une version habitée figure déjà dans le programme
Vortex désigne en réalité une famille de véhicules. Son nom signifie « Véhicule orbital réutilisable de transport et d’exploration ».
La version destinée aux astronautes s’appelle Vortex-H. Dassault la présente comme une déclinaison agrandie de Vortex-S, le modèle autour duquel le programme doit se développer. Le H renvoie à « Human-rated », autrement dit un véhicule adapté aux exigences du transport d’êtres humains.
Cette possibilité figure donc déjà dans les plans du constructeur. La déclaration d’OHB confirme cette ambition, sans annoncer pour autant un appareil prêt à accueillir son premier équipage.
Pourquoi revenir sur Terre comme un avion ?
Vous allez me dire : pourquoi développer un avion spatial alors que les capsules existent déjà ? L’un des intérêts se trouve au retour.
Vortex doit pouvoir effectuer sa rentrée dans l’atmosphère, manœuvrer, puis se poser sur une piste d’aérodrome grâce à son train d’atterrissage. Dassault vise également une rentrée relativement douce, intéressante pour les charges fragiles.
Pour des expériences scientifiques ou des produits fabriqués en orbite, récupérer rapidement la cargaison à proximité de ses utilisateurs peut avoir un vrai intérêt. L’appareil est aussi conçu pour être réutilisable.
Par contre, ces avantages restent à démontrer en vol. Pour l’instant, il s’agit des performances visées par Dassault.
Avant les astronautes, du fret et des expériences
Le Vortex-S vise environ deux tonnes de charge utile à l’aller comme au retour, avec une soute de huit mètres cubes. Il doit pouvoir ravitailler des stations spatiales, mais aussi mener des missions autonomes en orbite.
Dassault prévoit notamment des expériences scientifiques et de la production en microgravité, cet environnement de quasi-impesanteur qui permet d’étudier ou de fabriquer certains matériaux autrement qu’au sol. Les biotechnologies et les nouveaux matériaux font partie des domaines visés.
Le programme envisage aussi des interventions sur des satellites et des applications militaires. Avec tout ça, le transport d’astronautes représente une évolution possible d’un véhicule qui aurait déjà plusieurs raisons de voler sans équipage.
Dassault et OHB se partagent le travail
Le partenariat a été annoncé le 11 mai 2026. Dassault Aviation assure la conception d’ensemble et l’intégration de l’avion spatial. OHB prend en charge la conception et l’intégration du module de service, associé au véhicule pour ses opérations spatiales.
Les deux industriels ont proposé Vortex-S à l’Agence spatiale européenne, l’ESA. D’autres entreprises européennes participent également au projet.
Le 10 septembre 2026, Dassault a confirmé le soutien annoncé par la France lors du Sommet international sur l’espace à Paris. L’objectif est de développer des moyens européens pour effectuer ces missions orbitales. Pour nous, c’est aussi ce qui rend le projet intéressant au-delà de son apparence de petite navette.
Quand Vortex pourrait-il voler ?
La première étape sera Vortex-D, un démonstrateur à échelle réduite d’environ quatre mètres de long pour une tonne. Dassault vise un essai suborbital en 2028, donc un vol qui ne placera pas l’appareil durablement en orbite autour de la Terre.
Ce démonstrateur doit servir à vérifier les technologies essentielles : comportement aérodynamique, commandes de vol et protection contre la chaleur de la rentrée atmosphérique.
Pour les versions agrandies Vortex-C et Vortex-H, destinées respectivement au transport de charges plus importantes et aux astronautes, Dassault affiche un objectif de mise en service au milieu des années 2030.
Cela reste un calendrier de développement. Aucune date ferme de premier vol avec équipage n’est annoncée. Avant d’embarquer des astronautes, il faudra prouver que l’appareil peut les protéger pendant toute la mission, avec les validations de sécurité que cela impose.
Plus d’infos sur le Site Dassault
