Non, Sacrifice n’est pas présenté comme l’adaptation d’une véritable prise d’otages menée par une secte. Le film repose sur un scénario original. Mais Joan, incarnée par Anya Taylor-Joy, possède bien un lien avec Jeanne d’Arc. Et cette référence éclaire son étrange mission.
Disponible sur Netflix depuis le 16 octobre 2026, le film de Romain Gavras réunit des célébrités et des milliardaires lors d’un gala caritatif en Grèce. Jusqu’au moment où Joan et son groupe débarquent avec un projet autrement plus radical : sacrifier trois personnes dans un volcan pour sauver la planète.
Forcément, entre le discours apocalyptique et les otages, on peut se demander d’où vient cette histoire.
Une secte inventée pour un scénario original
Sacrifice a été écrit par Romain Gavras et Will Arbery, qui a notamment travaillé sur Succession. Le distributeur DCM présente bien le film comme un scénario original.
La prise d’otages, la prophétie et le rituel appartiennent à cette fiction. Le groupe choisit ses otages comme les figures d’un récit : une vedette de cinéma, un milliardaire et une artiste.
Le film utilise une situation volontairement excessive : des gens réunis pour afficher leur engagement écologique se retrouvent face à d’autres qui sont prêts à tuer au nom du leur. Difficile d’organiser une soirée plus inconfortable.
Joan doit beaucoup à Jeanne d’Arc
Romain Gavras cite lui-même Jeanne d’Arc parmi les inspirations du film. Le prénom de Joan prend alors un autre sens.
On peut lire ce rapprochement dans son sentiment d’avoir été choisie pour accomplir une mission et dans sa capacité à entraîner les autres derrière elle. C’est cette figure de jeune femme portée par une mission qui revient ici, dans un cadre contemporain et apocalyptique.
Inutile, donc, de chercher un épisode méconnu de la vie de Jeanne d’Arc derrière le rituel du volcan.
Pourquoi croit-elle autant à sa mission ?
La présentation officielle de Netflix donne un élément important : Joan pense pouvoir communiquer avec le volcan depuis une vision survenue dans son enfance.
Anya Taylor-Joy explique également que son personnage a grandi avec l’idée qu’il lui revenait de sauver la Terre, selon un déroulement précis. Elle s’est préparée toute sa vie à ce moment.
Cela aide à comprendre son assurance. Pour Joan, cette mission organise toute son existence. On peut y voir ce qui la rend inquiétante : comment discuter avec quelqu’un qui considère déjà sa conviction comme une certitude absolue ?

Il y a même un peu du Seigneur des anneaux
Les mythes grecs ont aussi nourri l’écriture. Gavras raconte avoir grandi avec les histoires de héros, de dieux et de personnages prêts à se jeter dans le feu.
Plus surprenant, il rapproche lui-même Sacrifice du Seigneur des anneaux : une expédition vers un volcan pour y jeter ce qui doit permettre de sauver le monde.
Le parallèle concerne cette quête. Franchement, la référence à Tolkien est difficile à deviner en voyant débarquer Chris Evans en tenue de gala.
Voici ce que cette secte raconte sur le film
Dans sa note d’intention, Gavras explique que Sacrifice tourne autour de la foi : en chercher, la simuler, en avoir trop ou en manquer.
C’est une piste utile pour comprendre la rencontre entre Joan et Mike Tyler, l’acteur joué par Chris Evans. Elle avance avec la conviction de pouvoir transformer le monde. Lui cherche du sens tout en restant encombré par son image et son ego.
À mes yeux de Geekette, le malaise vient précisément de là : Joan possède une réponse à tout, même quand sa réponse implique l’horreur. Mike, lui, voudrait trouver quelque chose auquel croire. Leur rencontre permet au film de pousser cette question jusqu’à l’absurde : jusqu’où peut-on aller quand on se persuade d’agir pour le bien ?
