On connaît la musique. Une adaptation de polar arrive, on se dit qu’on va encore nous servir une enquête bien ficelée, deux ou trois fausses pistes et rideau. Sauf que « Il était deux fois » ne se contente pas d’aligner les indices. La mini série vise un truc plus retors, plus intime, presque vertigineux. Et manifestement, le public a mordu à l’hameçon.
Avant même sa diffusion en clair, la fiction a déjà signé un démarrage record sur france.tv, avec près de 5 millions de vidéos vues depuis la mise en ligne des six épisodes le 26 décembre. Un chiffre qui montre l’intérêt des spectateurs et qui place la série dans la catégorie des rares programmes capables de créer l’événement sans attendre le prime time.
Et justement, le prime time, c’est maintenant. France 2 lance les deux premiers épisodes ce mercredi 7 janvier 2026 à 21h10. Autant dire que si vous aimez les soirées où l’on se promet un seul épisode, puis où l’on finit par vérifier l’heure en murmurant encore cinq minutes, vous êtes au bon endroit.
De quoi ça parle?
Au centre de l’histoire, Gabrielle Moscato. Une enquêtrice marquée au fer rouge par une disparition impossible à digérer, celle de sa fille Julie, 17 ans. L’enquête piétine, la douleur s’installe, la vie se rétrécit autour d’une seule idée fixe. Puis, un jour, Gabrielle s’endort dans une chambre d’hôtel et se réveille dans un monde qui n’est plus le sien. Douze ans ont passé. Nous sommes en 2025. Et elle n’a aucun souvenir de tout ce qui s’est joué entre les deux.
Le point fort, c’est que la série ne traite pas ce saut temporel comme un gadget. Ici, l’amnésie et le trou noir deviennent un terrain de jeu cruel. Tout le monde a avancé, changé, trahi, encaissé, reconstruit. Sauf elle. Elle se retrouve à enquêter sur une affaire qui a continué sans elle, à interroger des visages qui la connaissent mieux qu’elle ne se connaît elle même et à remettre la main sur une vérité qui refuse de rester enterrée.
Ce genre de récit repose sur un équilibre fragile. Il faut de la tension, oui. Mais aussi une incarnation capable de porter le poids des années disparues, la culpabilité, la rage, la fatigue, l’instinct. Odile Vuillemin s’empare de Gabrielle Moscato avec une intensité qui colle à la peau. Elle joue une femme qui refuse de lâcher, même quand tout autour d’elle semble avoir décidé que l’histoire était terminée depuis longtemps.
Les lecteurs du roman de Franck Thilliez le savent, l’œuvre d’origine mettait en scène un personnage principal masculin. Pour la télévision, la série fait le pari de transformer ce point de départ en donnant le premier rôle à une femme et en recentrant une partie de la mécanique émotionnelle sur la relation mère fille.
ET ça marche !! pourquoi ?!!
Parce que la série coche plusieurs cases à la fois.
D’abord, elle a le goût du twist, mais elle ne le sert pas comme un feu d’artifice gratuit. Les révélations ont des conséquences. Elles abîment, elles déplacent, elles forcent les personnages à se regarder en face.
Ensuite, l’ambiance est soignée. On est dans un thriller sombre, qui ne cherche pas à faire joli. Il était deux fois installe une tension qui s’infiltre, avec cette sensation que quelque chose cloche dès le début, mais qu’on n’arrive pas encore à dire quoi.
Enfin, il y a ce thème universel, qui dépasse l’enquête. Qu’est ce qu’on fait quand la vie nous vole douze ans. Comment on vit avec des choix qu’on n’a pas le souvenir d’avoir faits.
Où et quand regarder
Les six épisodes sont disponibles sur france.tv. Côté diffusion télé, France 2 programme la mini série en soirées, avec deux épisodes ce mercredi 7 janvier 2026 à partir de 21h10.
Mon conseil de geekette. Si vous le pouvez, évitez de la lancer trop tard. Ce n’est pas le genre de série qui vous raccompagne gentiment vers le générique.
Si vous aimez Il était deux fois, vous devriez aussi aimer
Surface, autre adaptation de roman policier récent qui a montré que France 2 sait transformer une enquête littéraire en vrai rendez vous télé.
Et plus largement, tout ce qui mélange thriller psychologique et drame intime. Les histoires où l’on suit autant les blessures que les preuves et où la vérité, quand elle arrive, fait souvent plus mal que le mensonge.
