Le bâtiment montré dans la série n’existe plus. Le véritable Bazar de la Charité a été détruit par l’incendie du 4 mai 1897. Mais le lieu de la catastrophe n’a pas disparu de Paris : une chapelle commémorative se dresse aujourd’hui rue Jean-Goujon, exactement là où le drame s’est produit.
Le véritable Bazar se trouvait rue Jean-Goujon
En 1897, le Bazar de la Charité était installé dans un vaste hangar aux 15-17 rue Jean-Goujon, dans le 8e arrondissement de Paris. Il ne s’agissait pas d’un grand magasin permanent comme son nom pourrait le laisser croire, mais d’une vente de bienfaisance réunissant plusieurs œuvres caritatives.
Le décor devait donner l’impression d’une rue du vieux Paris, avec des boutiques et des enseignes. Une salle de cinématographe avait également été aménagée. Et c’est justement là que tout a basculé.
La lampe du projecteur fonctionnait avec un système utilisant de l’éther, une substance extrêmement inflammable. Lors d’une manipulation, les vapeurs se sont embrasées. Le feu a gagné très vite les décors, les toiles et la structure provisoire du bâtiment.
Qu’y a-t-il à cet endroit aujourd’hui ?
Après la catastrophe, une chapelle a été construite sur les lieux mêmes de l’incendie. Elle s’appelle Notre-Dame-de-Consolation et se trouve au 23 rue Jean-Goujon.
La différence de numéro peut surprendre, mais le parcellaire et les adresses de la rue ont évolué. Les archives parisiennes situent bien le sinistre dans l’ensemble des 15-17 rue Jean-Goujon, tandis que le mémorial actuel porte le numéro 23.
La chapelle conserve le souvenir des victimes. Son chemin de croix mentionne notamment les personnes mortes dans l’incendie et le monument a été classé au titre des monuments historiques en 1982. Il appartient à l’Association du Mémorial du Bazar de la Charité, composée de descendants de victimes.

Peut-on visiter le mémorial ?
Notre-Dame-de-Consolation n’est pas un musée ouvert en continu avec une billetterie classique. Des visites sont organisées à certaines dates, notamment lors d’événements patrimoniaux, et l’association du mémorial publie les modalités d’accès.
Si vous passez rue Jean-Goujon, la façade reste visible depuis la rue. Difficile d’imaginer qu’un hangar rempli de décors se trouvait là en 1897. Et pourtant, le lien avec la série devient tout de suite beaucoup plus concret.
La série a-t-elle été tournée sur le vrai site ?
Non. La production a recréé le Bazar pour les besoins du tournage. Le bâtiment d’origine avait entièrement disparu et la chapelle actuelle ne correspond évidemment pas à l’espace montré avant l’incendie.
La série s’inspire bien d’une catastrophe réelle, mais ses trois héroïnes principales et une grande partie de leurs histoires relèvent de la fiction. Le lieu, la date et l’incendie sont historiques. Ce qui arrive aux personnages permet surtout de raconter les conséquences du drame à travers plusieurs destins de femmes.
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