Dans Potiche, Suzanne Pujol vit à Sainte-Gudule, une petite ville du nord de la France dominée par l’usine de parapluies familiale. Le nom paraît tout à fait crédible, mais inutile de chercher la commune sur une carte : Sainte-Gudule est fictive. Et le plus amusant, c’est que le film n’a même pas été tourné dans le Nord. François Ozon a installé ses caméras en Belgique.
Sainte-Gudule est une ville inventée
L’histoire se déroule en 1977, dans une commune censée se trouver dans le nord de la France. L’usine Pujol-Michonneau, la maison familiale et les rues de Sainte-Gudule donnent au film une vraie cohérence géographique.
Pourtant, cette ville n’existe pas. Sainte Gudule est bien une figure historique liée à Bruxelles, où la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule porte son nom, mais il n’existe pas de commune française correspondant à celle du film.
François Ozon a donc utilisé un nom belge pour baptiser une ville française imaginaire. C’est un petit indice assez malin quand on sait où le tournage a réellement eu lieu.
Le film est diffusé ce mercredi 21 octobre à 21 h sur ARTE et reste visible sur la plateforme de la chaîne jusqu’au 27 octobre.
Une grande partie de Sainte-Gudule se trouve à Anderlecht
Plusieurs scènes urbaines ont été tournées à Anderlecht, dans la région de Bruxelles-Capitale. La place de la Vaillance, la collégiale Saints-Pierre-et-Guidon et une boulangerie du quartier apparaissent parmi les décors utilisés.
La Ville d’Anderlecht recense officiellement les lieux ayant accueilli Potiche. Elle cite également l’ancienne usine des Laines d’Aoust, utilisée par la production parmi les décors industriels du film.
Le choix fonctionne particulièrement bien. Les bâtiments belges permettent de recréer cette France provinciale de la fin des années 1970 sans donner l’impression d’un décor trop propre ou entièrement fabriqué en studio.
Limal, Ittre et le Brabant wallon complètent le décor
Le tournage s’est aussi déplacé dans plusieurs communes du Brabant wallon. Limal a notamment accueilli des scènes liées à l’usine et à la salle de danse, tandis qu’Ittre a servi pour une partie des séquences festives.
La Ferme du Bois Planté, à Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, fait également partie des lieux documentés. Le magazine wallon WAW confirme que le domaine a accueilli l’équipe de Potiche en 2009.
D’autres plans ont été réalisés à Bruxelles et à Laeken. Au final, Sainte-Gudule est un véritable puzzle belge. Le montage assemble ces endroits pour donner l’impression d’une seule petite ville.
La Belgique ressemble tellement au nord de la France ?
Les architectures en briques, les anciennes zones industrielles et les centres urbains du Brabant ou de Bruxelles se raccordent facilement à l’image que le film veut donner du Nord. Les plaques d’immatriculation, les panneaux et les accessoires font ensuite le reste.
C’est une méthode très courante au cinéma. Une ville fictive naît rarement d’un seul endroit. Notre article sur Saint-Martial dans Miséricorde montrait déjà comment plusieurs lieux réels pouvaient être réunis sous un même nom à l’écran. Même chose pour Las Piedras dans Le Salaire de la peur, village latino-américain entièrement recréé dans le sud de la France.
Sainte-Gudule n’existe donc pas, mais ses rues, son église et plusieurs bâtiments sont bien réels. Pour retrouver le décor de Potiche, il faut simplement chercher de l’autre côté de la frontière, entre Anderlecht et le Brabant wallon.
