Dans les rayons comme sur les sites marchands, nous, joueurs PC et bricoleurs de configurations, nous sommes en état de choc : la mémoire vive ne baisse plus, ou si peu. Après des semaines d’augmentations de prix exponentielles, les tarifs semblent enfin moins erratiques. Problème : cette accalmie se fait à un niveau élevé. La question donc : est ce le prélude à une décrue, ou le début d’une hausse qui s’installe pour de bon ?
Depuis le début de l’année 2026, le marché donne l’impression de reprendre son souffle. Les envolées quotidiennes se font plus rares et selon les pays et les références, on voit même apparaître quelques petites corrections. Mais l’essentiel est ailleurs : la RAM s’est figée à un prix que beaucoup jugent anormal au regard des dernières années.
En France, des kits DDR5 de 32 Go affichés autour de 500 euros ont circulé ces dernières semaines dans les comparatifs et relevés de prix, là où les mêmes capacités se trouvaient nettement plus bas il y a encore peu de temps. Et fait surprenant, la DDR4, censée être l’option plus économique, a elle aussi connu une flambée, alimentée par un effet de report : quand la DDR5 devient trop chère ou trop incertaine, on se rabat sur l’ancienne génération… qui finit à son tour en hausse.
Les prix de la RAM montent en flèche : Pourquoi?
Le moteur de la hausse : l’IA ?!
Pour comprendre ce qui se passe, il faut quitter un instant le monde du PC gamer et regarder du côté des centres de données. Depuis 2024, les investissements massifs autour de l’intelligence artificielle ont changé la hiérarchie des priorités industrielles. La mémoire n’est plus seulement un composant de PC : c’est un carburant pour les serveurs d’entraînement et d’inférence, et la demande liée à l’IA a pris une ampleur qui pèse sur toute la chaîne.
Les grands fabricants de mémoire, Samsung, SK hynix et Micron, se retrouvent en position de force. D’abord parce que l’essentiel de la production mondiale dépend de ce trio, ensuite parce que les produits les plus rentables sont désormais du côté des mémoires destinées aux usages intensifs des data centers, notamment les technologies proches de la mémoire à très haute bande passante. Résultat : une partie de la capacité industrielle et des arbitrages de production glisse vers ces segments, au détriment des volumes “grand public” attendus par les assembleurs et les fabricants de PC.
Mais ce n’est pas la seule raison pour cette hausse, la source du problème commence avant l’era IA. Les géants de fabrication de mémoire avaient tellement investi dans la RAM, puis se sont retrouvé en perte d’argent au début de l’inflation qu’a connu le monde après l’épisode COVID. Ce qui les a amené à diminué drastiquement la production des mémoires.
Des prévisions pas très optimistes
Les cabinets qui suivent ces prix de près parlent d’une hausse très forte au premier trimestre 2026 pour la DRAM dite “conventionnelle”, celle qui se retrouve ensuite, de manière plus ou moins différée, dans les barrettes de nos ordinateurs.
Du coup, même si le consommateur voit parfois un prix se figer quelques jours, la pression de fond reste orientée vers le haut. Quand les contrats montent fortement, la détente en boutique devient difficile à espérer rapidement, sauf chute brutale de la demande ou augmentation massive de l’offre. Or, aucun de ces deux scénarios ne se dessine aujourd’hui.
La DDR4 rattrapée par la crise
Le cas de la DDR4 mérite un coup de projecteur, parce qu’il surprend même les habitués. Beaucoup d’acheteurs avaient une stratégie maligne: éviter la DDR5, jugée trop chère et prolonger la vie d’une plateforme DDR4. Sauf que le marché a commencé à se tendre aussi sur cette génération, avec des hausses décrites comme spectaculaires ces derniers mois.
Est ce que les prix vont baisser ?
Il faut être clair : une baisse franche est possible, mais elle dépend de conditions précises. Voici les trajectoires les plus plausibles.
Scénario 1 : baisse progressive à partir de fin 2026, sans retour aux prix d’avant
C’est l’hypothèse la plus raisonnable si l’offre augmente un peu et si la demande liée à l’IA se normalise. On pourrait voir des prix moins tendus, mais avec un plancher plus haut qu’en 2023 ou 2024. Dans ce cas, la RAM resterait plus chère qu’avant, tout en redevenant achetable sans y laisser un rein.
Scénario 2 : stagnation élevée jusqu’en 2027
C’est le scénario du plateau durable. L’industrie continue de privilégier les segments les plus profitables, les investissements en data centers restent massifs et l’amélioration de la production tarde à se répercuter sur le grand public. Les prix bougent peu, mais à un niveau inconfortable.
Scénario 3 : nouvelle hausse par vagues en 2026 et 2027
C’est le scénario noir, celui que redoutent les joueurs et les fabricants de PC. Il peut se produire si la demande IA accélère encore, si des tensions logistiques apparaissent, ou si la production reste trop concentrée sur des usages serveurs. Dans cette configuration, on voit des hausses successives, avec quelques respirations trompeuses entre deux vagues.
Que faire si l’on monte un PC en 2026 ?
Pour un PC de jeu, la tentation est grande d’attendre un “vrai” retour à la normale. Mais les indicateurs du secteur invitent à la prudence : si votre projet est imminent, repousser de plusieurs mois n’offre aucune garantie de baisse sensible. La stratégie la plus rationnelle consiste souvent à sécuriser une configuration équilibrée, sans surpayer des fréquences exotiques et à rester flexible sur les marques et les références.
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