Capcom sait gérer ses grandes licences. Ces dernières années, l’éditeur japonais a enchaîné les réussites avec Resident Evil, Monster Hunter ou encore Street Fighter… Avec Pragmata, le studio tente cette fois de lancer une toute nouvelle licence, avec une bonne grosse direction science-fiction. Et le résultat est… pas au rendez-vous!! enfin oui, le jeu regorge de bonnes idées, mais peine encore à transformer l’essai.
Pragmata a un beau Gameplay
Pragmata est un jeu qui mêle une action à la troisième personne bien posée, dans la lignée d’un Resident Evil , mais avec moins d’horreur. Le point de départ du jeu est assez classique : une équipe part enquêter sur un incident dans une colonie lunaire, avant qu’un des membres, Hugh, ne se retrouve isolé et fasse équipe avec Diana, une androïde expérimentale à l’apparence de petite fille. Ensemble, ils doivent survivre à une IA devenue hostile, qui a transformé les machines de la colonie en de grosses menaces mortelles.
Pragmata brille par sa formule de combat. Hugh et Diana font un beau duo permanent. Pendant les affrontements, le joueur ne se contente pas de tirer : il doit aussi utiliser les capacités de piratage de Diana pour affaiblir les ennemis. Ce hacking prend la forme d’un mini-jeu où il faut guider un curseur dans une grille jusqu’au point faible adverse, sans que l’action ne s’arrête autour.
Les armes futuristes proposées dans le jeu restent familières dans leur philosophie ; fusil à pompe, lance-missiles, équipement de contrôle, mais elles s’accompagnent d’options de personnalisation assez souples pour encourager plusieurs styles de jeu. Il est par exemple possible de privilégier l’infiltration, les attaques rapprochées ou encore des gadgets comme un leurre holographique pour détourner l’attention des ennemis.
Un univers de science-fiction fort… mais peu exploité
C’est là que le bât blesse. Alors oui, Pragmata ne manque pas d’idées. Avec la Lune, l’IA devenue incontrôlable, la critique implicite des grandes entreprises technologiques et cette matière capable de rendre l’impression 3D quasi illimitée, le terrain était fertile. Le jeu semble même toucher par moments à quelque chose de très contemporain. Un passage évoqué dans le texte décrit une version de New York imprimée en 3D par une intelligence artificielle, avec une logique spatiale complètement taré : taxis fondus dans le sol, vitrines à l’envers, architecture incohérente. Une sorte d’hallucination numérique devenue décor physique. Sur le plan visuel et symbolique, l’idée est excellente.

Le problème, c’est que ce type de moment reste trop rare. En dehors de quelques belles séquences, Pragmata retombe rapidement dans une science-fiction plus convenue, avec ses tropes familiers : mégacorporation sans scrupule, androïde en quête d’humanité, ennemis qui rappellent d’autres œuvres du genre. Difficile, dans ces conditions, de ne pas penser à Alien, Terminator, à d’autres références plus évidentes encore. Le jeu semble du coup prisonnier de ses inspirations au lieu de s’en servir pour construire une identité plus personnelle .
Pragmata 2 sera surement excellent
Pragmata en lui même n’est pas un mauvais jeu. Loin de là. Le titre est bien fabriqué, cohérent dans sa progression et avec un système de combat original qui mérite l’attention. En revanche, il lui manquerait encore ce supplément d’âme, cette prise de risque dans le récit qui permet à une nouvelle licence de s’imposer immédiatement.

Dans le domaine des jeux-vidéos, on a l’habitude de Ce genre de faux départ. L’histoire regorge de premières tentatives prometteuses, affinées puis transcendées dans une suite plus sûre d’elle. Si Capcom décide de faire grandir Pragmata comme il l’a fait avec d’autres séries, alors cette nouvelle licence pourrait encore trouver sa vraie forme plus tard. Pour l’instant, elle donne surtout l’impression d’un jeu “juste bon”, alors qu’il avait le potentiel d’être bien davantage.
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