Disponible sur Netflix depuis le 10 septembre 2026, Dix pour cent : Le film retrouve les anciens d’ASK autour d’un tournage catastrophique. Derrière les caprices de stars, Noémie et Arlette donnent du poids à ces retrouvailles. Mais le film veut aussi régler beaucoup de choses en deux heures.
Attention, la suite contient des spoilers sur le film, notamment sur Arlette.
Andréa a changé de métier, pas de réflexes
Cinq ans après la fermeture d’ASK, Andréa prépare son premier long métrage. Laurent Lafitte quitte le projet, Vincent Macaigne le remplace face à Laetitia Casta, et Noémie, devenue productrice de télévision, embarque dans l’aventure.
Andréa pense pouvoir la mener par le bout du nez. Ça commence bien.
Ce point de départ remet Camille Cottin dans une position intéressante : son personnage doit défendre une création qui l’expose personnellement. Elle reste autoritaire, manipule son entourage et voudrait tout contrôler. Sauf qu’un plateau dépend aussi des acteurs, des techniciens et, bientôt, de la météo.
Sa bataille avec Colette autour de la garde de leur fille Flora rappelle également combien sa vie professionnelle déborde sur tout le reste. Changer de métier n’a pas suffi à changer ses priorités.

Noémie mérite enfin qu’on la respecte
Pour moi, le parcours de Noémie est le plus convaincant sur le plan de l’écriture.
Elle produit désormais une sitcom à succès, Les Collègues. Pourtant, Andréa la croit facilement manipulable et Mathias peine à la considérer comme une professionnelle autonome. Sa carrière a avancé plus vite que le regard qu’ils portent sur elle.
C’est assez cruel : son entourage continue à voir l’ancienne assistante derrière la productrice.
Fanny Herrero explique justement avoir voulu pousser plus loin son émancipation face à Mathias. La crise du couple prend alors un sens plus intéressant qu’une nouvelle dispute sentimentale. Noémie veut être aimée, mais aussi écoutée.
J’aime que son excentricité ne disparaisse pas pour prouver sa compétence. Elle peut rester Noémie et réclamer qu’on la prenne au sérieux.
Elle garde aussi son talent pour saboter une conversation : critiquer un film de George Clooney devant lui, pendant qu’Andréa espère le recruter, c’est une belle façon de transformer un rendez-vous prestigieux en cauchemar professionnel.

Arlette donne un autre sens à l’histoire
La révélation arrive tard : le film qu’Andréa s’acharne à réaliser s’inspire du passé d’Arlette.
Jeune, elle a tué son mari violent en se défendant, puis s’est enfuie. Un policier l’a aidée à changer d’identité et à rejoindre Paris. Des années plus tard, le travail entrepris avec Andréa autour de ses mémoires a donné naissance au scénario.
Du coup, sauver ce tournage signifie aussi permettre à Arlette de raconter ce qu’elle avait caché.
C’est, à mes yeux, l’idée qui justifie le mieux ce prolongement de la série. Arlette a passé sa vie à accompagner les carrières des autres. Son histoire devient enfin celle qu’on veut porter à l’écran.
On peut aussi lire un lien entre les trois femmes : Arlette a dû fuir pour survivre, Noémie cherche à sortir d’une relation inégale et Andréa lutte pour imposer son travail. Leurs situations sont différentes, mais chacune essaie de reprendre la main.
Le film veut tout régler trop vite
Lorsque la crue ravage le tournage et qu’un problème d’assurance menace le projet, Andréa finit par avoir besoin de toute la bande. Le dénouement permet de sauver le film, et le générique retrouve l’équipe à Cannes.
Ce retour au collectif me paraît cohérent avec Dix pour cent : les personnages se blessent, se jalousent, puis remettent leurs compétences en commun quand tout s’effondre.
Ma réserve concerne surtout l’accumulation. Les retrouvailles, les crises de couple, le tournage et le passé d’Arlette doivent tenir dans le même long métrage. Une révélation aussi lourde que celle d’Arlette aurait mérité davantage de place pour laisser les personnages réagir.
Mon avis reste partagé : Noémie et Arlette donnent à ce retour une vraie raison d’exister, mais leurs histoires auraient gagné à respirer davantage. Le film les fait avancer, et c’est précieux. J’aurais simplement préféré qu’il leur laisse plus de temps avant de refermer la porte.
Regarder 10 pour cent sur Netflix
