GPT-6 Astra apprend des règles inconnues, utilise un ordinateur, enchaîne de longues tâches et dépasse parfois les humains sur des tests très difficiles. Forcément, on se posse cette question: est-ce que l’intelligence artificielle générale est enfin là ? Pas encore. Mais avec Astra, la réponse devient moins évidente qu’avant.
L’AGI, c’est quoi au juste ?
L’AGI, pour Artificial General Intelligence, désigne une intelligence artificielle générale. Contrairement à une IA spécialisée dans les échecs, la génération d’images ou le code, elle serait capable de comprendre, d’apprendre et d’agir dans beaucoup de domaines différents, sans devoir être réentraînée pour chaque nouvelle mission.
OpenAI utilise une définition simple et concrète : des systèmes très autonomes capables de dépasser les humains dans la plupart des activités ayant une valeur économique. Cela ne veut pas dire que la machine doit être consciente, ressentir des émotions ou se réveiller un matin en demandant des droits. L’AGI est d’abord une question de capacités et d’autonomie.
GPT-6 Astra : la vidéo impressionnante dévoilée par OpenAI
Le problème, c’est qu’il n’existe toujours pas de ligne d’arrivée acceptée par tout le monde. Certains parleront d’AGI dès qu’une IA pourra réaliser la majorité des métiers intellectuels. D’autres attendront une machine aussi adaptable qu’un humain dans presque toutes les situations. Du coup, même si nous franchissons ce cap, tout le monde ne sera probablement pas d’accord sur la date.
GPT-6 Astra change quand même le débat
GPT-6 Astra ne ressemble plus seulement à un chatbot très cultivé qui peut te raconter une blague. Il peut regarder un écran, manipuler des logiciels, naviguer sur le Web, écrire du code, créer des documents et poursuivre une tâche composée de nombreuses étapes. Il ne donne plus uniquement la marche à suivre, il agit ( ou AGI , joli le jeu de mot non!! ).
Ses scores donnent une idée du bond réalisé. Astra atteint 99,9 % sur ARC-AGI-3, un test dans lequel l’IA doit explorer de petits environnements interactifs, comprendre leurs règles sans mode d’emploi puis construire une solution. GPT-5.6 Sol n’obtenait que 7,8 % dans le tableau publié par OpenAI. Astra grimpe aussi à 97,6 % sur FrontierMath Tier 4 et à 72,6 % sur OSWorld 2.0, consacré à l’utilisation d’un ordinateur.
Pris ensemble, ces résultats montrent quelque chose de nouveau : le modèle arrive à passer du raisonnement abstrait à l’action, puis à vérifier une partie de son travail. C’est justement cette combinaison qui donne l’impression de voir apparaître une intelligence beaucoup plus générale.
Un score presque parfait ne suffit pas
Vous allez me dire : 99,9 % sur un test qui porte « AGI » dans son nom, qu’est-ce qu’il faut de plus ?
Le nom peut induire en erreur. ARC-AGI-3 mesure des capacités très importantes, notamment l’exploration, l’apprentissage de règles inconnues et la planification. Mais il reste un ensemble d’environnements fermés, avec des objectifs et des actions possibles bien définis. Le monde réel est beaucoup plus désordonné.
Le résultat maximal d’Astra a aussi été obtenu avec un environnement adapté aux fonctions d’OpenAI. Celui-ci aide le modèle à conserver son état de raisonnement entre les actions. OpenAI précise d’ailleurs que les scores de recherche peuvent différer de ce que l’on obtient dans ChatGPT, selon les outils, les réglages et les instructions utilisés.
ARC-AGI-3 représente donc une énorme avancée. Ce n’est par contre pas un certificat officiel annonçant la naissance de l’AGI.
Les faiblesses sont encore bien visibles
Les autres chiffres publiés avec Astra permettent de calmer un peu l’enthousiasme. Le modèle obtient 59,3 % sur Agents’ Last Exam, 57,9 % sur Terminal-Bench 4.0 et 41,4 % sur AutomationBench. Ces tests ne couvrent pas toute l’intelligence humaine, mais ils montrent que l’IA échoue encore sur une partie importante des tâches complexes.
La fiche de sécurité d’OpenAI apporte un autre élément intéressant. Astra atteint le niveau critique en cybersécurité et le niveau élevé en biologie et chimie. Par contre, il ne franchit pas le seuil élevé dans la catégorie consacrée à l’auto-amélioration de l’IA. Autrement dit, il peut aider des chercheurs et optimiser certains systèmes, mais OpenAI ne le considère pas comme capable d’accélérer seul et massivement sa propre évolution.
Il reste aussi dépendant d’un objectif donné par un humain, d’outils préparés pour lui, de permissions et de mécanismes de contrôle. Son autonomie progresse très vite, mais elle n’est pas illimitée.
Alors, est-ce qu’on est près de l’AGI ?
Oui, nous en sommes clairement plus près qu’avant GPT-6 Astra. Parler d’une sorte de pré-AGI ne ressemble plus uniquement à une promesse marketing. Le modèle réunit déjà plusieurs briques essentielles : raisonnement, vision, mémoire, utilisation d’outils, adaptation et exécution de longues missions.
Mais dire que l’AGI est arrivée serait aller trop vite. Astra reste irrégulier, dépend fortement de son environnement et n’a pas encore démontré qu’il dépasse l’humain dans la plupart des activités utiles. Quant à savoir s’il manque six mois, deux ans ou beaucoup plus, personne ne peut aujourd’hui le démontrer sérieusement.
