Police Python 357 n’a aucun rapport avec le serpent, ni avec le langage informatique qui arrivera bien plus tard. Le titre du film d’Alain Corneau désigne le revolver porté par l’inspecteur Marc Ferrot, joué par Yves Montand : un Colt Python chambré en .357 Magnum.
Python est le nom du revolver
Le Colt Python est un revolver américain lancé en 1955. Colt l’avait conçu comme un modèle haut de gamme, reconnaissable à son canon lourd et à sa bande ventilée sur le dessus.
Le mot « Python » est simplement le nom commercial choisi par Colt. Le fabricant utilisait régulièrement des noms de serpents pour ses revolvers, avec notamment les Cobra, Anaconda et King Cobra.
Dans le film, Marc Ferrot ne porte donc pas un revolver vaguement surnommé Python. Il utilise bien un modèle Colt Python, très présent dès les premières scènes.
Que veut dire le nombre 357 ?
Le nombre 357 désigne son calibre, le .357 Magnum. Le point placé devant le nombre dans l’appellation américaine indique une mesure en pouces. Le diamètre nominal se situe autour de 0,357 pouce, soit environ 9,1 millimètres.
Ce nombre ne correspond donc ni à l’année de fabrication de l’arme, ni à sa puissance, ni à un matricule secret du personnage.
Le Colt Python peut également tirer certaines cartouches de .38 Special, mais le modèle utilisé dans le titre reste directement associé au .357 Magnum. C’est ce calibre qui lui donne son image d’arme puissante dans les polars des années 1970.
Pourquoi ajouter le mot Police ?
Parce que Marc Ferrot est policier, bien entendu, mais pas seulement.
Le Colt Python était fortement associé aux forces de l’ordre américaines et à l’image du policier dur popularisée par le cinéma de l’époque. Alain Corneau reprend volontairement ces codes pour construire un polar français qui regarde du côté des grands films policiers américains.
Le titre peut donc se lire très simplement : le policier, son Python et le calibre .357. Il ressemble presque à une désignation technique. Froide, sèche, mécanique.
Et c’est justement ce qui intéresse le réalisateur.
L’arme raconte surtout le personnage d’Yves Montand
Alain Corneau décrivait Police Python 357 comme l’histoire d’un homme qui perd peu à peu son identité et finit par se confondre avec son arme. Le Python n’est pas un simple accessoire posé dans un étui pour rendre Yves Montand plus impressionnant.
Ferrot entretient une relation presque obsessionnelle avec son revolver. Il le manipule avec précision, prépare lui-même ses cartouches et semble plus à l’aise avec cette mécanique parfaitement contrôlable qu’avec les autres êtres humains.
Le problème, c’est que cette maîtrise ne l’aide pas lorsque sa vie commence à lui échapper. L’arme reste fiable, froide et prévisible. Tout le reste devient beaucoup plus dangereux.
Le titre annonce donc déjà le cœur du film. Marc Ferrot est tellement défini par son métier et son Colt Python qu’il ne reste presque plus rien de l’homme derrière le policier.
Un titre devenu culte bien après le film
Police Python 357 est sorti en 1976. Le Colt Python est ensuite apparu dans de nombreux films, séries, mangas et jeux vidéo. Les spectateurs français connaissent parfois son nom sans même avoir vu le revolver, notamment grâce à Nicky Larson, The Walking Dead ou à la réplique parodique de La Tour Montparnasse infernale.
Mais dans le film d’Alain Corneau, le titre n’est pas une plaisanterie ni une accumulation de mots qui sonnent bien. Il désigne précisément l’arme de Ferrot, tout en résumant la façon dont ce policier s’est enfermé dans son propre rôle.
Police Python 357 est sur ARTE VOD
