Le fisc, on l’associe spontanément aux prélèvements. Pourtant, une fois par an, la mécanique s’inverse brièvement. À partir du jeudi 15 janvier 2026, des millions de contribuables verront apparaître un virement de l’administration fiscale sur leur compte bancaire. L’opération, qui concerne un peu plus de 9 millions de foyers, correspond à l’avance versée sur certaines réductions et certains crédits d’impôt. Le montant moyen annoncé tourne autour de 600 euros, avec de fortes variations selon les situations.
Pour beaucoup, ce versement ressemble à une bouffée d’oxygène en plein cœur de l’hiver. Mais il ne s’agit ni d’une prime exceptionnelle au sens strict, ni d’un cadeau sans contrepartie. Dans certains cas, l’avance versée en janvier peut être trop élevée au regard des dépenses réellement engagées ensuite. Et l’administration récupère alors le trop perçu quelques mois plus tard.
À quoi correspond ce virement ?!
Sur le relevé bancaire, le libellé peut mentionner l’administration des Finances publiques et une formulation du type « avance crédit d’impôt », généralement « AVANCE CREDIMPOT ». C’est un repère utile, car cette période de l’année est aussi celle où circulent de nombreuses tentatives de fraude et d’hameçonnage. Ici, on parle d’un virement émis par l’État, sans démarche particulière à effectuer si vos coordonnées bancaires sont déjà enregistrées dans votre espace fiscal.
Ce versement est la traduction concrète d’un principe devenu central depuis l’instauration du prélèvement à la source : éviter que les contribuables ne patientent trop longtemps avant de bénéficier d’avantages fiscaux liés à certaines dépenses du quotidien. Sans ce système d’avance, un ménage ayant engagé des frais importants devrait attendre la liquidation de l’impôt et le remboursement éventuel, parfois plusieurs mois après la déclaration.
60 pour cent versés en janvier, le reste plus tard
Le calcul repose sur une règle simple. En janvier, l’administration verse une avance équivalente à 60 pour cent des réductions et crédits d’impôt dont vous avez bénéficié l’année précédente, sur la base de votre dernière déclaration connue.
Concrètement, l’avance de janvier 2026 est calculée à partir des montants déclarés pour l’année 2024, dans la déclaration déposée au printemps 2025. Autrement dit, le fisc se base sur votre situation passée pour anticiper ce que vous pourriez, de nouveau, déclarer ensuite.
Le solde, lui, est ajusté plus tard, une fois votre déclaration de revenus effectuée au printemps 2026, quand vous aurez indiqué vos dépenses éligibles réalisées en 2025. Si vous avez effectivement supporté des dépenses comparables, le complément vous est versé à l’été 2026. Si vos dépenses ont diminué ou disparu, la régularisation peut se faire dans l’autre sens.
À noter : lorsque l’avance calculée est très faible, elle n’est pas versée. Un seuil minimal de 8 euros est appliqué.
Quelles dépenses ouvrent droit à cette avance
L’avance ne concerne pas tous les avantages fiscaux, mais une liste bien identifiée de réductions et crédits d’impôt récurrents. Parmi les plus fréquents, on retrouve :
- l’emploi d’un salarié à domicile, qu’il s’agisse d’une aide ménagère, d’un jardinier ou d’une assistance à une personne âgée
- les frais de garde d’enfants, notamment en crèche ou auprès d’une assistante maternelle
- les dons à des organismes d’intérêt général
- certaines dépenses ou dispositifs ouvrant droit à réduction ou crédit d’impôt, selon la situation fiscale du foyer
Pourquoi certains recevront plus que 600 euros
Le chiffre de 600 euros est une moyenne, pas une norme. Le montant varie fortement selon la nature des dépenses, leur niveau et la composition du foyer. Certains contribuables peuvent ainsi percevoir des sommes plus élevées, parfois au-delà de 2 000 euros, lorsque les crédits d’impôt déclarés l’année précédente étaient importants.
Prenons un exemple simple pour comprendre la mécanique. Un ménage qui a engagé 5 000 euros de dépenses éligibles pouvant ouvrir droit à un crédit d’impôt de 50 pour cent bénéficie d’un avantage fiscal total de 2 500 euros. L’avance de janvier correspond à 60 pour cent de ces 2 500 euros, soit 1 500 euros. Le reste est régularisé après la déclaration suivante.
Le point de vigilance :
C’est ici que le dispositif peut se retourner contre certains ménages. L’avance est une anticipation, donc une estimation basée sur le passé. Si vous n’avez plus les mêmes dépenses l’année suivante, l’avance perçue peut ne plus correspondre à la réalité.
Cas typique : un foyer a bénéficié d’un crédit d’impôt lié à la garde d’enfant en 2024, puis l’enfant n’a plus été gardé en crèche ou par une assistante maternelle en 2025. L’avance versée en janvier 2026, calculée sur l’année 2024, devient alors partiellement ou totalement injustifiée. Idem pour l’emploi à domicile : si vous aviez recours à une aide ménagère et que cette dépense a cessé, l’avance ne reflète plus votre situation.
Dans ces cas, la régularisation intervient généralement à l’automne, au moment où l’impôt sur le revenu fait l’objet d’un ajustement. La période souvent citée pour le remboursement du trop perçu se situe en septembre 2026.
Pour la plupart des contribuables, il n’y a aucune démarche à engager : le virement arrive automatiquement si vous étiez bénéficiaire des crédits ou réductions concernés et si vos coordonnées bancaires sont à jour dans votre espace fiscal.
En revanche, il est prudent de raisonner en gestionnaire. Si vous savez déjà que les dépenses ouvrant droit au crédit d’impôt ont fortement baissé en 2025, considérez cette somme comme une avance et non comme un gain définitif. L’erreur classique consiste à l’intégrer immédiatement au budget courant sans anticiper l’éventuelle régularisation.
Plus d’infos sur les Sources et les références officielles : impots.gouv.fr, service-public.fr …
