OpenAI veut installer ses outils beaucoup plus profondément dans les administrations américaines. L’entreprise vient de signer un nouvel accord de 27 mois avec la General Services Administration des États-Unis.
La formule est particulièrement agressive : les frais de licence de ChatGPT passent de 15 dollars par utilisateur et par mois à 0 dollar pour les organismes éligibles.
Attention toutefois, ChatGPT ne devient pas entièrement gratuit pour l’administration américaine.
L’utilisation des modèles reste payante.
Plus de frais de licence pour ChatGPT
Le nouvel accord s’appelle OneGov 2.0.
Il concerne les organismes fédéraux américains, mais aussi les gouvernements des États, les collectivités locales et les gouvernements tribaux éligibles.
Normalement, la licence coûte 15 dollars par utilisateur et par mois.
Dans le cadre de OneGov 2.0, ce coût disparaît.
Il n’y a également aucun engagement minimum.
Les administrations paieront par contre toujours la consommation réelle des modèles, mais avec une réduction de 50 % sur les usages éligibles.
C’est une nuance importante.
Dire qu’OpenAI « offre ChatGPT au gouvernement américain » serait donc un peu trop simpliste.
L’accès à la plateforme ne coûte plus rien, mais son utilisation intensive peut toujours générer une facture.
L’accord durera 27 mois
Le nouveau programme commence le 1er octobre 2026 et doit se terminer le 31 décembre 2028.
Cela donne aux administrations un peu plus de deux ans avec une tarification stable.
OpenAI promet également un accompagnement pour aider les organismes publics à gérer leurs dépenses et leurs usages.
Cela comprend de la formation, des outils de suivi des coûts, de l’aide à l’intégration et des ressources spécifiques pour les fonctionnaires.
L’objectif est assez évident : réduire au maximum les obstacles qui pourraient empêcher une administration d’essayer ChatGPT.
ChatGPT, Codex et les API sont concernés
L’offre ne se limite pas au chatbot que nous utilisons tous.
Les administrations pourront accéder à ChatGPT Enterprise, Codex et aux modèles OpenAI via API, selon les produits et conditions éligibles.
Cela ouvre des usages beaucoup plus larges.
ChatGPT peut servir pour la rédaction, la traduction ou l’analyse de documents.
Codex peut assister les équipes informatiques dans la programmation.
Les API permettent aux administrations d’intégrer directement les modèles dans leurs propres applications et services.
Et OpenAI insiste particulièrement sur un autre domaine : la cybersécurité.
OpenAI veut aussi équiper les cyberdéfenseurs
Les organismes publics vérifiés pourront accéder à Daybreak Blue, l’offre spécialisée d’OpenAI destinée à la cybersécurité, avec 50 % de réduction sur le tarif commercial standard.
L’entreprise promet également de la formation et un accompagnement spécifique pour les équipes chargées de protéger les systèmes publics.
C’est un domaine devenu particulièrement stratégique pour OpenAI.
Les modèles d’IA deviennent de plus en plus capables d’analyser du code, trouver des vulnérabilités et automatiser certaines tâches techniques.
Évidemment, les attaquants disposent eux aussi de ces outils.
La cybersécurité devient donc l’un des terrains où la course entre IA offensive et défensive risque d’être particulièrement rapide.
Les données gouvernementales ne serviront pas à entraîner ChatGPT
C’est forcément l’une des premières questions qui se posent.
OpenAI précise que les données professionnelles utilisées dans ChatGPT Enterprise, y compris les entrées et les réponses générées, ne sont pas utilisées pour entraîner ou améliorer ses modèles.
Les organismes conservent également les mécanismes de sécurité et de contrôle associés aux services choisis.
Pour des administrations manipulant parfois des informations sensibles, ce point est évidemment indispensable.
OpenAI est prêt à ralentir le développement de ses IA si la sécurité l’exige
OpenAI joue une partie beaucoup plus longue
Pourquoi supprimer une licence qui coûte normalement 15 dollars par mois ?
Parce que l’enjeu est beaucoup plus important que ces 15 dollars.
Si des milliers d’administrations commencent à intégrer ChatGPT, Codex et les API OpenAI dans leur travail quotidien, changer de fournisseur quelques années plus tard deviendra beaucoup plus compliqué.
Les employés seront formés.
Des applications auront été développées autour des API.
Des procédures internes auront été adaptées.
OpenAI accepte donc de réduire fortement le coût d’entrée aujourd’hui pour installer son écosystème dans le fonctionnement quotidien du secteur public américain.
Google, Microsoft, Anthropic et les autres ne vont évidemment pas regarder ça sans réagir.
La bataille des assistants IA ne se joue plus seulement pour savoir lequel nous utiliserons à la maison.
Elle commence aussi à déterminer quelle IA deviendra l’outil de travail par défaut des gouvernements.
