En début de soirée, les courbes de Downdetector ont commencé à grimper pour des services que l’on utilise presque sans y penser. Messageries, suites bureautiques en ligne, clouds, hébergeurs, noms de domaine. En quelques minutes, les signalements se sont multipliés autour de Microsoft et de son écosystème, tandis que d’autres plateformes, d’Amazon à GoDaddy, semblaient connaître à leur tour des difficultés plus ou moins marquées.
À ce stade, un point doit être rappelé : Downdetector mesure avant tout un ressenti collectif. L’outil agrège des alertes d’internautes, des erreurs remontées par des applications et des indices de perturbation. Cela ne signifie pas automatiquement qu’un service est “à terre” partout, ni qu’il s’agit d’une panne unique et mondiale. Mais lorsque plusieurs courbes s’emballent en même temps, la question revient, inévitable : qu’est ce qui se passe ?!!
Microsoft 365 au centre de l’orage
Du côté de Microsoft, la situation est plus documentée. Plusieurs médias ont rapporté une indisponibilité notable de Microsoft 365, avec un pic important de signalements. Des utilisateurs ont eu du mal à accéder à certains services de la suite ( comme Outlook, Onedrive et autres… ),
D’après les informations communiquées publiquement, l’incident serait lié à une portion de l’infrastructure en Amérique du Nord qui ne traitait pas le trafic correctement. Microsoft a expliqué avoir rétabli l’état de santé de la zone concernée, tout en poursuivant des opérations de rééquilibrage de charge pour limiter les effets résiduels.
GoDaddy touché par ricochet
Quand une grande suite cloud vacille, les effets ne s’arrêtent pas à ses frontières. GoDaddy, acteur majeur de l’hébergement et des noms de domaine, a lui aussi signalé des difficultés, mais avec une nuance importante : l’un de ses composants de messagerie professionnelle reposant sur Microsoft 365 a été annoncé comme dégradé.
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AWS en souffrance
Dans le même temps, Amazon Web Services fait partie des noms qui reviennent souvent lors des soirées agitées sur Internet. Là encore, prudence : une hausse de signalements ne prouve pas, à elle seule, une panne globale. Mais AWS dispose aussi d’un tableau public qui récapitule des événements opérationnels. Lorsqu’un incident touche des briques centrales comme le calcul, le stockage, la gestion de réseau ou l’authentification, une quantité considérable de services tiers peut en ressentir l’impact.
Et Google ?!
Gmail apparaît fréquemment dans ce type de “vagues” de signalements. Mais pour ce soir, prudence – prudence : les tableaux d’état officiels de Google Workspace ne reflètent pas systématiquement les micro-incidents locaux, les pannes d’opérateur, les problèmes de DNS ou les difficultés de connexion qui peuvent imiter une indisponibilité du service.
Claude : un petit incident bref
Le cas de Claude, le service d’IA d’Anthropic, est un peu différent : un incident figure bien dans son historique public, avec des erreurs élevées et des difficultés d’authentification sur une fenêtre de temps limitée, avant retour à la normale.
Pourquoi “tout Internet” tombe en même temps ?
Il existe trois explications:
- 1ere hypothèse : la coïncidence amplifiée.
- 2eme hypothèse : la dépendance invisible. De très nombreux services partagent des briques communes : clouds, réseaux de diffusion, prestataires DNS, outils de sécurité, systèmes d’authentification.
- 3eme hypothèse : l’embouteillage numérique. Certaines pannes déclenchent un comportement en chaîne : les applications tentent de se reconnecter, relancent des requêtes, saturent des passerelles…
