Jocelyne Veyrades n’est pas la copie d’une mère réelle. L’héroïne jouée par Alix Poisson est un personnage de fiction créé pour incarner le combat des familles des disparus de Mourmelon, l’affaire qui a librement inspiré la série de France 2.
Jocelyne représente plusieurs familles
Dans Les Disparus des Argonnes, Jocelyne attend le retour de son fils Gilles, jeune appelé disparu pendant une permission en 1981. L’armée parle de désertion. Elle refuse cette explication et finit par rassembler d’autres familles confrontées au même silence.
Le personnage paraît très réel, et c’est justement pour cela que la question se pose. Pourtant, l’autrice Julie Peyr a expliqué ne pas avoir pris une mère précise comme modèle. Jocelyne rassemble plutôt la ténacité des mères, pères, sœurs et frères qui ont cherché les disparus pendant des années.
La présentation officielle de France Télévisions confirme que la mini-série adapte le roman de Julie Peyr et suit une famille fictive. Les noms de Gilles Veyrades, Jocelyne et Guy Lachêne ne sont donc pas ceux des protagonistes réels.
L’affaire de Mourmelon, elle, a bien existé
La série s’inspire librement des disparus de Mourmelon. À partir de 1980, plusieurs jeunes hommes, dont des appelés du contingent, disparaissent autour du camp militaire de Mourmelon, dans la Marne. Certaines disparitions sont d’abord considérées comme des désertions, ce qui retarde les investigations.
Le personnage de Guy Lachêne rappelle Pierre Chanal, un adjudant-chef soupçonné dans plusieurs dossiers. Chanal avait été arrêté en 1988 alors qu’un auto-stoppeur était retrouvé ligoté dans son véhicule. Il a ensuite été renvoyé devant les assises pour trois disparitions, mais il s’est suicidé en 2003, juste après l’ouverture de son procès.
Les disparitions n’ont donc jamais reçu une réponse judiciaire complète. C’est cette absence de vérité définitive qui donne autant de poids au combat de Jocelyne dans la fiction.
La série ne reconstitue pas les faits au détail près
Les Disparus des Argonnes n’est pas un documentaire. Les scénaristes ont changé les lieux, regroupé les familles et inventé des scènes afin de raconter plus de vingt ans de lutte en quatre épisodes.
Même le titre déplace l’histoire. Les Argonnes forment un territoire distinct de Mourmelon, même si les deux zones appartiennent au même grand paysage de l’est de la France. Ce choix permet à la fiction de garder une distance avec l’affaire réelle.
Le tournage a d’ailleurs eu lieu en région parisienne et autour de Lyon, notamment à Genas, La Tour-de-Salvagny et Bully. On ne regarde donc ni les véritables lieux de l’enquête ni une reproduction exacte de leurs habitants.
Pourquoi avoir inventé cette mère ?
En donnant un seul visage au combat des proches, la série évite de transformer quatre épisodes en succession de dossiers. Jocelyne permet de ressentir le temps qui passe, l’usure du couple, le regard du village et le mur institutionnel auquel les familles se heurtent.
Mais il faut garder la distinction en tête : la souffrance montrée est nourrie d’une affaire réelle, pas la biographie d’une femme appelée Jocelyne Veyrades.
Les Disparus des Argonnes est diffusée ce mercredi 4 novembre 2026 à 21 h 10 sur France 2. Les quatre épisodes sont également disponibles sur france.tv depuis le 30 octobre.
