Les Enfants des autres n’est pas une autobiographie exacte de Rebecca Zlotowski. Mais la réalisatrice a puisé directement dans son expérience de femme de 40 ans sans enfant, devenue belle-mère et confrontée au désir de maternité. C’est son film le plus personnel, jusque dans le choix de son propre père au casting.
Rachel vient d’une expérience très intime
Rachel, jouée par Virginie Efira, tombe amoureuse d’Ali, le père d’une petite fille de cinq ans. Elle s’attache à Leila, prend une place dans son quotidien et découvre aussi la fragilité de ce lien : elle aime cette enfant, mais elle ne possède aucun statut qui lui garantit de rester dans sa vie.
Rebecca Zlotowski connaissait cette position. Dans un entretien accordé au CNC, elle explique avoir été une femme de 40 ans sans enfant tout en en désirant un, et avoir élevé en partie les enfants de quelqu’un d’autre.
Le point de départ émotionnel est donc réel. Le personnage de Rachel, sa relation avec Ali et le déroulement précis du film restent toutefois une construction de cinéma.
Le projet devait raconter une autre histoire
Au départ, Rebecca Zlotowski voulait adapter Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, le roman de Romain Gary sur un homme confronté à l’impuissance. Roschdy Zem lui avait suggéré ce projet après leur collaboration sur la série Les Sauvages.
L’adaptation n’a pas abouti, mais l’idée de l’impuissance est restée. La réalisatrice l’a déplacée vers une femme qui ne maîtrise ni le temps de sa fertilité ni sa place auprès de l’enfant qu’elle aime.
Et c’est justement là que le film devient plus qu’un simple récit de couple. Rachel n’est pas présentée comme une rivale de la mère de Leila. Elle occupe une place affective réelle, mais rarement nommée et presque jamais protégée.
Le père de Rachel est le vrai père de la réalisatrice
Le détail le plus directement autobiographique se trouve au casting. Michel Zlotowski, qui joue le père de Rachel, est le véritable père de Rebecca Zlotowski.
La réalisatrice a également tourné dans le Paris où elle a grandi et intégré des éléments liés à sa propre histoire familiale et à sa culture juive. Le film ne cache donc pas sa proximité avec sa vie. Il la transforme au lieu de la reproduire scène par scène.
Pour découvrir ou revoir le film, la page officielle d’ARTE confirme sa diffusion ce mercredi 4 novembre 2026 à 21 h. ARTE le présente d’ailleurs comme le film probablement le plus intime de la cinéaste.
Rachel n’est pas Rebecca avec un autre prénom
Ce serait tentant de lire chaque scène comme un souvenir exact. Le problème, c’est que le cinéma de Rebecca Zlotowski mélange régulièrement sa vie, ses peurs et des situations entièrement inventées.
Rachel porte aussi le nom Friedman, déjà utilisé pour l’héroïne de Belle Épine. Ce lien rapproche les deux films sans transformer leurs personnages en doubles officiels de la réalisatrice.
La réponse tient donc en une nuance : Les Enfants des autres est profondément autobiographique dans ses émotions, mais fictif dans son intrigue. Rebecca Zlotowski y met à nu une expérience personnelle afin de parler de toutes celles et ceux qui aiment un enfant sans être son parent.
Si vous voulez prolonger la soirée, notre article sur Grand Central revient sur un autre film de Rebecca Zlotowski, beaucoup plus social, mais déjà traversé par ses thèmes de prédilection.
